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Stéphane Fiévet, comédien metteur en scène

Maija Junno, comédienne

Documentaire Télé Centre Bernon - 8'16''

Vincent Arnaud, claviers

Rémy Dognin, scénographe

Tao Ravao, guitariste

Ce spectacle est une création de la compagnie Terra Incognita, avec le soutien du Salmanazar - scène conventionnée d'Epernay, des tutelles de ces deux structures, de l'Institut finlandais de Paris, de l'institut français d'Helsinki, du Théâtre KOM de Helsinki et du Centre culturel français de La Haye.

COMEDIENS

Maija Junno

Stéphane Fiévet

Claviers

Vincent Arnaud

Guitares

Tao Ravao

          


Mise en scène

Stéphane Fiévet

Scénographie

Eric Brossier et Rémy Dognin

Costumes

Agathe Laemmel

Musique originale

Tao Ravao et Vincent Arnaud

Lumières

Bruno Austin

Construction

Alain Caillat

Cette page reprend les éléments de présentation du spectacle à la date de sa création. N'hésitez pas à promener le curseur de la souris sur l'écran...

Les photos du spectacle sont de Gil Lefauconnier

Noirs Paradis

Rosa Liksom

traduction (finnois)

Anne Papart

Direction artistique :  Stéphane Fiévet - 10, rue haxo 75020 Paris France - + 33 6 71 80 58 17

Parcours contemporain

1996

Noirs Paradis est un spectacle en tableaux, d'après de courtes nouvelles de Rosa Liksom. Créé à Epernay, en présence de l'auteur, le spectacle associe étroitement la littérature, le théâtre et la musique. Il est joué en français, en France, aux Pays-Bas et en Finlande. C'est le premier spectacle de la compagnie qui fait l'objet d'un sous-titrage (en néerlandais).

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D'une terre à l'autre...


Monter Noirs Paradis, c'est puiser aux sources de la compagnie. Jouer une oeuvre finnoise en français, c'est se référer à notre contradiction initiale, marquée par l'étrangeté de l'étranger".Voilà plusieurs années que la compagnie nourrit son travail de la rencontre de cultures différentes. Concrètement, il ne s'agit pas d'exotisme, ni d'un humanisme universaliste béat. Il s'agit bien de reconnaître la différence de l'autre, donc de s'apprendre soi. Mais au-delà de la différence, c'est la ressemblance qui nous fascine, cette ressemblance qui conduit tout comédien, d'où qu'il vienne, d'où qu'il parle, quoi qu'il dise, à se confronter à la même nudité sur scène.

Quand je lis les nouvelles de Rosa Liksom, immanquablement, des images de cirque me viennent à l'esprit. Il y a là une poésie du grotesque et de la provocation, chaque personnage y devient un acrobate de sa névrose, un magicien de son fantasme.


Ce qui me séduit chez elle, c'est la dramaturgie du détail, de l'accessoire. En quelques lignes, un objet, un comportement, une couleur, une passion s'impose comme le lieu central du texte, détail qui définit le tout. De même, sur une piste de cirque, le jongleur, l'acrobate ou le clown organise son numéro autour d'un objet, d'un danger ou d'un gag, planté comme un axe dans la piste.

Les personnages viennent à nous dans la nudité de leur confidence. On a le sentiment que chaque parole qu'ils prononcent les place au centre de la circularité de leur existence ou de leur rêve, "simples dans la lumière", comme l'écrit Rosa Liksom.


Le grotesque surgit sans ironie à chaque ligne et provoque tantôt un rire mêlé de sang, tantôt une tendresse mêlée de crainte, tantôt une fascination mêlée de dégoût. Rien n'est morbide, tout est toujours drôle, triste et mélancolique.

En portant Noirs Paradis sur scène, c'est cette rhétorique de la métonymie qui m'intéresse. Elle exprime parfaitement un théâtre fait de simplicité où le réel s'exprime toujours dans la force symbolique d'une convention avouée au public, comme le roulement de tambour prévient les spectateurs que le funambule va maintenant jouer sa vie en direct.


En jouant Noirs Paradis sur scène, c'est le mélange de cruauté et de délicatesse de la langue, la confrontation de la drôlerie et de la mort, qui vont nous placer nous aussi au centre de la théâtralité de l'existence. Dans un grand éclat de rire.

Stéphane Fiévet

  

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Rosa Liksom est une artiste aux multiples facettes qui a été reconnue très jeune dans les pays nordiques puis en Europe où elle est aujourd'hui traduite en sept langues. Ecrivain de nouvelles pour lesquelles dès son premier recueil elle a été primée en Finlande, trois de ses recueils ont été publiés en France. Rosa Liksom a aussi écrit des scénarios de films pour la télévision finlandaise et réalisé plusieurs films vidéo. Elle est également peintre et les personnages de ses peintures qui empruntent leurs traits aux bandes dessinées sont aussi percutants par leurs couleurs que les textes associés aux dessins.  Films, textes pour le théâtre, peintures, nouvelles, ne constituent qu'un même ensemble de mots, de couleurs, d'images qui se heurtent dans la contradiction de la vie même : violence et tendresse, délicatesse de la langue et délire argotique, amour et haine.


Rosa Liksom, qui a quitté sa Laponie natale (plus exactement la vallée de Torniojoki à la frontière finno-suédoise), à l'âge de quinze ans, a fait sa route sur les chemins du monde : Bretagne, USA, Russie, Mongolie. Elle a travaillé comme serveuse dans les bars, entendu les bruits des villes, observé les paysans du Nord. Ses histoires sont vraies, c'est-à-dire reposent sur le fond de vérité à partir duquel l'écrivain recrée la vie plus vraie que nous n'osons le croire. Ses personnages, elle les a rencontrés dans le nord de l'Europe, ces paysans rudes, brutaux, imbibés d'alcool, innocents et pervers. Une partie d'humanité. Ses personnages, ce sont aussi les tenants de l'ordre, flics, curés, gardiens de prison, PDG, qui nous plongent dans l'horreur du quotidien social. Et puis ce sont la haine, les obsessions et les petitesses de tout un chacun qui peuvent conduire à la torture et à la violence inhumaine. Ses personnages, ce sont enfin tous les exclus, misérables de tous genres, ceux de la rue, les drogués, les paumés, jeunes et moins jeunes, chômeurs, homosexuels, prostituées, ceux qui nous tendent le miroir de leur vie.


Le plus grand art de Rosa Liksom, c'est sans doute la construction parfaitement réussie de ses nouvelles qui plantent un être humain dans un moment de sa vie où tout bascule, quand une vie dans sa vérité de souffrance et d'espoir se déchire devant nous. Il y a aussi le paysage du Nord, la lumière des hivers, la beauté des nuits et le tremblement des êtres dans leur nature primitive. Rosa Liksom est un grand écrivain du Nord, elle nous parle d'un monde qui nous attire, un inconnu sauvage et tendre, une nature qui nous montre la terre aux premiers jours du monde.

Anne Papart, article paru dans le programme du Festival Les Boréales 1995


E X T R A I T S   D E   P R E S S E


Derrière l'humour noir, il y a dans ces textes brefs un véritable désespoir. "La plupart de ces histoires sont vraies ou pourraient l'être, dit Rosa Liksom. (...) Ce que je raconte n'est pas vraiment réaliste, il y a toujours un détail qui relève du fantastique, comme peut l'être ce pays. Je puise aussi dans ce que je connais de la vie moderne à Helsinki, et ailleurs, de la marginalité. C'est toujours très brutal, car la vie est brutale". Aujourd'hui, Rosa Liksom est la coqueluche d'Helsinki, mais elle n'aime pas trop ça. (...) Provocante jusque dans sa manière de s'habiller (cuir noir, vestes militaires et rangers), elle écrit dans un style cru, utilisant argot suburbain et dialecte lapon, et a révélé à un pays quelque peu assoupi l'envers du décor, le cauchemar arctique.

Antoine de Gaudemar, in Libération, 11/10/90


(Les textes de Rosa Liksom)  n'ont rien de paradisiaque et continuent longtemps à vous trotter dans la tête, une fois le livre refermé. D'autant plus que la traduction transcrit avec justesse l'argot des jeunes d'Helsinki, la concision, le rythme, le cruauté de la langue de Rosa Liksom. (...) Rosa Liksom, c'est indéniable, a un style. Du style. Un humour qui grince. (...) Douée d'un sens de l'observation diabolique, qui n'exclut pas un penchant au fantastique, au rêve comme au masochisme et au cauchemar, elle garde l'oeil froid pour mieux dévoiler ce que cache le calme trompeur de ses concitoyens, ces luthériens apparemment placides, qui ne savent plus comment masquer leur violence intérieure. (...) L'odeur de la vie. Nauséabonde et entêtante. Rosa, la rose de Finlande, aura encore certainement l'occasion de nous étonner.

Nicole Zand, in Le Monde, 2/11/90


Oeuvres traduites en français par Anne Papart, parues aux Editions La Découverte :

NOIRS PARADIS, 1990  -  LE CREUX DE L'OUBLI, 1992  -  BAMALAMA, 1994

Extraits...


Après l'enterrement, s'enferme dans la chambre à coucher. Ne mange rien, ne boit rien, ne dort pas pendant douze jours. Le soleil s'est levé puis s'est couché. Ne le remarque pas. Etrangeté au monde. Visions, pensées, tout semble brisé, épars. Elle ne se souvient pas des événements du passé, mais sent encore la présence de l'odeur, cette odeur de l'homme, dans les draps du grand lit. Il y a eu des moments où ils ont été heureux. Comme des bébés joufflus qui gazouillent le dimanche matin sur le tapis de laine douce. L'homme assoupi à ses côtés, elle, belle, dans ce doux parfum, assis dans la voiture sur le siège avant. Ils vont au travail. Tout cela était arrivé il y a très longtemps ou alors peut-être à l'instant ? Oui, c'était arrivé ou alors ce n'était qu'un rêve.


Elle se lève du lit. Elle est nue. Elle se regarde dans le miroir au plafond de la chambre. Longtemps, tous les détails de son corps, mais elle ne voit rien. Pas même son visage. Elle prend un vase très lourd et le jette au plafond. Le miroir se brise sur elle en petite lamelles, multiples éclats de verre. Ils déchirent son corps, plaies ouvertes, le sang coule. Certaines blessures sont profondes, elles ouvrent son corps, le sang jaillit à flots par les plaies béantes. Les draps sont rouges, le corps bat de sa chaleur, le sang a l'odeur de la vie. C'est le sang lourd de la vie. Elle saute sur le plancher. Les éclats de verre sont des flèches qui entaillent ses pieds mais elle ne sent rien. Elle danse un tourbillon frénétique entre les murs de la chambre et chantonne un air inconnu. Le papier peint aux dessins fleuris blancs devient rouge, le sang sort en fumée de chaleur de ses seins, de ses cuisses. Quand elle cesse de danser et s'effondre sur le sol, quelques gouttes de sang s'écoulent encore de sa poitrine. Une dernière flaque.


Rosa Liksom

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Le scénographie est faite par Rémy Dognin et Eric Brossier, qui en réalise notamment les peintures. Ce dernier poursuit une collaboration régulière avec Stéphane Fiévet, comme scénographe, comme peintre décorateur. Un espace circulaire, qui se prolonge par une avancée vers le public, est limité au lointain par deux podiums amovibles où sont placés les musiciens et un cadre de fond de scène, orné successivement de toiles peintes ou de lumières.

Des objets ou des meubles (sur roulettes) entrent et sortent de scène au gré des tableaux. Chaque tableau correspond à une nouvelle.

Les costumes sont conçus et réalisés par Agathe Laemmel.

L'avant-scène, Irène Sadowska-Guillon

Les deux acteurs, Maija Junno et Stéphane Fievet campent tour à tour plusieurs personnages, . ...Un jeu superbe traduisant à la fois l'apparent et le secret, glissant du réel à l'onirique, au fantasme, rendant magnifiquement tout le registre extrêmement vaste des comportements et des langages...


Politis - Chantal Boiron

La mise en scène de Stéphane Fiévet est sobre... Lui-même joue tous les rôles avec Maija Junno. Tour à tour sensuelle, naïve ou sordide, cette jeune actrice finlandaise a beaucoup de talent.


Le dauphiné Libéré et La Provence - RS

"C’est beau, c’est fort, c’est du brut d’émotion, d’humour et de noirceur !" Voilà ce qu'on a envie de dire quand on sort de ce spectacle.


L'Union - Fabrice Littamé

Dans un double registre en jouant tour à tour la garce ou la bonne fille naïve, la comédienne s'est révélée une vraie nature qui lui vaut actuellement une carrière cinématographique dans son pays. Son partenaire a davantage fonctionné sur l'humour et la distanciation.... Mais, même au bout de l'enfer, le paradis luisait, même au plus profond du pathétique, la drôlerie subsistait.


Paris Boom Boom - MJ

une espèce de sauvagerie édulcorée par un certain penchant au rêve, au fantastique. Une pièce entêtante charriant plus de puissance que n'importe quel pamphlet !


Radio France -  Sabine Maillochon

On ne va pas impunément voir Noirs paradis. C'est une plongée en apnée dans l'univers arctique d'un pays secret : la Finlande.


L'Union - Jean Batilliet

Maija Junno, ce bel animal blessé, évolue comme un poisson dans 'eau dans cet univers brutal. On rencontre dans ses yeux clairs et son énergie, toute la violence latente et les immenses doutes de la jeunesse finnoise. A la fois abattue, révoltée, déjantée, incontrôlable .Stéphane Fiévet impose sa présence et une nonchalance contenue. A la fois rude et sensible. Sauvage et grinçant. Enfin Vincent Arnaud, au piano et Tao Ravao, à la guitare, habillent subtilement cette langueur des "Noirs paradis". Et apportent un peu de soleil dans l'eau froide.


Dans un décor construit par le Sparnacien Alain Caillat, Vincent Arnaud, aux claviers et Tao Ravao, aux guitares, donnent une fluidité élégante à ce nouveau spectacle de la compagnie Terra Incognita...

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Reportage France 3 sur Noirs Paradis - 2'06''

Documentaire Noirs Paradis (Télé Cenre Bernon)13'40''

Siège social : 8 route des Pyrénées 64230 Arbus - Administration : 10, rue Haxo 75020 Paris France

Vous quittez la section Terra Incognita pour ouvrir la section Stéphane Fiévet...    

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