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COMEDIENS

Elle:

Maija Junno

Lui:

Emile Abossolo-Mbo

Le guitariste:

Tao Ravao

Le militaire :

Antoine Mercier



          

Mise en scène

Stéphane Fiévet

Assistanat mise en scène,

Monica Rattazzi

Scénographie

Patrick Bugeia assité de Marie Thebaud

Lumières

Dominique Borrini

Régie générale, conception et régie son

Antoine Mercier

Photographe

Gil Lefauconnier

Production

Irina Petrescu

Cette création est une coproduction de la compagnie Terra Incognita, et du Salmanazar, théâtre missionné d'Epernay, avec le soutien des tutelles des deux structures.

Les photos du spectacle sont de Gil Lefauconnier

Cette page reprend les éléments de présentation du spectacle à la date de sa création. N'hésitez pas à promener le curseur de la souris sur l'écran...

Un jour

ma mémoire

Michèle Rakotoson

Direction artistique :  Stéphane Fiévet - 10, rue haxo 75020 Paris France - + 33 6 71 80 58 17

Parcours contemporain

1994

Ce texte de Michèle Rakotoson, auteur malagache, sur une idée originale de Victor Mpene Malela, permet la rencontre avec Tao Ravao. Compositeur, guitariste, harpiste, il signe ensuite de nombreuses créations musicales pour Terra Incognita. Maija Junno, finlandaise, et Emile Abossolo, camerounais, constituent un duo contrasté et fusionnel pour ce texte âpre et dense.                                       

Un couple se retrouve dans un bar, et renoue par un jeu de rôles, avec son passé, sa mémoire, dans un rapport presque pervers et en pleine fantasmagorie. Le spertacle de ce duel nous donne à voir, curieusement au-delà de l'intime, le visage d'ùn monde marqué par la souffrance, la désillusion politique, la violence et l'oppression.


Un jour ma mémoire est un texte en prise  directe avec bien des thèmes quj agitent notre univers mental et nourrissent notre information. Ce n'est pas un texte moralisateur, didactique, ni une somme de slogans et de bonnes intentions. Ici, une fois de plus, point de bonnes paroles ; toute la violence du monde s'exprime "sans que l'on s'en rende compte", comme prise au piège dans l'esprit de ce couple marqué par la mort d'un enfant - le leur ? - assassiné d'une balle en pleine tête au cours d'une manifestation populaire.

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S

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A

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O

N

  

"Le temps et la mémoire se fondent l'un

dans l'autre comme les deux faces d'une

même médaille. Il n'est pas de mémoire

sans temps. Mais la mémoire est une notion

si complexe, que même si nous énumérions

toutes ses facettes, nous serions encore loin

de la réalité. (..) Privé de memoire, l'être

humain devient prisonnier d'une existence

toute en il/usions/ . Il est alors incapable de

faire un lien entre lui et le monde, et il est

condamné à la folie.

L 'homme est doué de mémoire en tant

qu'être moral. C'est elle qui sème chez lui

les germes de l'insatisfaction. "


(A.TarkovSki in Le Temps scellé. Cahiers du cinéma Ed de l'étoile 1989

Notes de travail


C'est finalement la question du filtre entre l'horreur et le spectateur qui m'intéresse le plus. Il ne s'agit pas de dénoncer. L'horreur en soi, nous la connaissons, de manière conceptuelle (qui ignore la violence des régimes policiers, la terreur exercée sur la pensée, la trahison des régimes révolutionnaires, quel qu'en soit le dogme ?). La télévision, les médias nous la donnent tous les jours à voir. En revanche, l'intimité de l'horreur, ce qu'elle inscrit dans la chair des hommes, les traces dans les consciences de ceux qui la subissent, le mélange contradictoire entre la répulsion et la fascination face à la violence physique et psychologique, l'étroit rapport entre le dégoût de l'horreur et son attrait morbide, sont au coeur du rapport entre les deux protagonistes de cette histoire. C'est ce qui constitue la perversité de leur rapport, et la perversion de notre regard. C'est aussi comme cela que nous regardons ce qui se déroule en Bosnie, en Afrique du Sud, au Brésil ou en Roumanie.


C'est là précisément que Un jour ma mémoire doit nous renvoyer à notre propre appréhension de l'actualité, à la lecture que nous faisons des informations soi-disant objectives des médias, à notre propre émotion devant le meurtre étatisé et la violence des répressions totalitaires, à notre propre émotion devant notre impuissance et notre inertie face à l'inacceptable.                              

Stéphane Fiévet

Michèle Rakotoson, auteur malgache, porte en elle les marques de son théâtre. "Un jour ma mémoire (...) représente quinze ans de ma vie. Nous avions 20, 25 ans en 1972, nous étions trop jeunes pour qu'on nous laisse la maîtrise de la Révolution que nous avions lancée, mais suffisamment vieux pour en subir les conséquences. "


Née pendant les dernières années de la colonisation, Michèle Rakotoson a vécu les premières années des Indépendances, puis celles du règne de la misère et quelques révolutions brisées, écrasées. "J'ai vu trop d'enfants mourir. L'un d'entre eux est mort sous mes yeux tué par une balle en pleine tête. Nous l'avions entraîné dans une grève perdue d'avance". Que de certitudes ébranlées. Aussi écrit-elle pour l'espoir. Un espoir que véhicule une écriture teintée de souvenirs d'enfance ( ...) "Ce qui m'a sauvé du désespoir, c'est le souvenir des hira gasy de mon enfance : leur musique, les voix des femmes, leur manière de dire  et de chanter. Cette musique existe dans mon théâtre (...) Un jour ma mémoire est un hira gasy déconstruit (pour employer un terme à la mode). « De l’hira gasy j'ai gardé les danses, l'occupation circulaire de l’espace, la disposition symbolique et l'interpénétration de la musique et du texte. » Michèle Rakotoson est donc malgache ? Mais que veut dire aujourd'hui "être dramaturge malgache" ? Voilà une question qui l'agace énormément. "Personne ne demande aux écrivains européens d’écrire comme leurs ancêtres du Moyen Age. Alors pourquoi nous cloîtrer dans un ghetto. Après tout une identité évolue, les peuples évoluent, pourquoi nous enfermer dans une pureté mythique ? " "Le théâtre est une somme de questions que j’essaie humblement de poser. Il y a des images qui sont dans la tête, le cœur, des mots, des angoisses ... et il y a le vide après les mots, un vide porteur de suggestions certes, mais laissé au metteur en scène, à l'éclairagiste, à l'ingénieur du son, aux musiciens ...une dimension de quête collective."


La quête théâtrale de Michèle Rakotoson est peut-être ce désir d'éterniser les moments fulgurants de joie ou de douleur qu'un être humain traverse, une ouverture aux autres sensibilités, ainsi que l'acceptation de ses propres limites.

Extrait d'un article de Caya Makhele consacré à Michèle Rakotoson.

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Lui :

Il n'y a pas de garçon, il n'y a pas de commande, il n'y a pas de serveur, il n'y a que toi et moi.

Elle :

On danse ?

Lui :

Nous n'y arriverons pas.

Elle :

On joue à se rencontrer?

Lui :

Qui décide de la rencontre?

Elle : Notre mémoire.

LE BLUES, LA GUITARE


Du blues. Pas de saxophone, c'est trop proche de la voix. Plutôt une guitare. Le son rauque ou métallique de la guitare acoustique : métal contre métal, chair contre chair. Deux types de sons : la slide guitar - bottle neck, et la lapsteel guitar. Belle image du guitariste qui joue sur ses genoux… Ce qu'apporte le blues, c'est une qualité particulière des sons : un matériau d'une grande richesse. Ce qu'exprime le blues, c'est ce mélange brut de tendresse, de violence et de nostalgie si proche du texte de Michèle Rakotoson. Le guitariste est un acteur du spectacle. Pas d'illustration musicales, mais une voix sonore écrite et développée en contrepoint du texte.

Notes...

La scénographie fait du bar dancing une véritable boîte à lumière, travaille sur le translucide et transparent, sur une lumière formelle qui découpe l'espace et participe de la magie d'un lieu modulable. La lumière est avouée comme élément du décor, comme mise en scène, dévoilement d'un univers synthétique fait de matières plastiques. Ombre de l'acteur sur le décor, silhouette de l'acteur derrière le décor, apparition et disparition.


Idée du peep show. Le thème du miroir et du miroir sans tain, Lui est le reflet d'Elle, Elle est le reflet de Lui. L'espace doit être fragmenté, Toute la matière en jeu est fragmentée : la mémoire, l’histoire du meurtre de cet enfant, l’espace de jeu décomposé en différents secteurs. Ne pas perdre la linéarité du texte, son souffle. L'atmosphère est lourde, alcoolisée, C'est la nuit. Est-ce à la fin le lever du jour ? Comme si les murs pouvaient parler. C'est assez riche mais abîmé. Ambiance fantastique, jamais irréelle, Tout cela se passe vraiment C'est charnel. Pas de rêve, Pas d'onirisme, Ça doit être vivant comme la souffrance.

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Le dispositif scénographique est confié à Patrick Bugeia et la musique à Tao Ravao. Dominique Borrini signe les lumières.

L’Union – 29 avril 1994

Un couple se retrouve dans un bar, et renoue par un jeu de rôles, avec son passe, sa mémoire, dans un rapport cruel, pervers et presque onirique. L'atmosphère est lourde, alcoolisée, à la fois chamelle et irréelle. Seuls éléments du décor : un bar et un miroir. Un miroir sans tain qui renvoie les personnages à leur propre histoire, à leur propre souffrance, à leurs propres rêves et désillusions. Un univers «d'actualité» et un texte dense et magnifique travaillé au «corps» par Stéphane Fiévet. Après «Medea », de Corneille et Sénèque, Ie directeur du salmanazar renoue avec la mise en scène avec Un jour ma mémoire », une pièce de Michèle Rakotoson. L'écrivain malgache a vécu les premières années des Indépendances, puis celles du règne de la misère et des révolutions brisées et écrasées. «J'ai vu trop d'enfants mourir. L'un d'entre eux est mort sous mes yeux tué par une balle en pleine tête. Nous l'avions entrainé dans une grève perdue d'avance.» Aussi écrit-elle pour l'espoir Un jour ma mémoire, une pièce ponctuée par la guitare de Tao Ravao et sa musique blues si particulière. Mélange brut de tendresse, de violence et de nostalgie. «Cette pièce parle du totalitarisme d'une manière non militante. Avec une écriture contemporaine d'une grande beauté et d'une grande densité» explique Stéphane Fiévet, qui répète Ie spectacle au théâtre Gabrielle-Dorziat depuis le début du mois d'avril.


Fascination et répulsion


Quatre représentations exceptionnelles de cette pièce seront données à Epernay du 3 au 6 mai pour un public de professionnels et de diffuseurs. «Le travail à chaud doit être montré à chaud. Et il faut que l'objet existe et puisse être montré» explique Stéphane Fiévet. Les Sparnaciens le découvriront un peu plus tard, dans le cadre de la saison 94-95 du salmanazar. « Il y aura alors un travail d'accompagnement avec des ateliers d'écriture avec l'auteur, un travail sur la guitare blues, une rencontre entre des scolaires, le metteur en scène et les comédiens et peut-être un concert de Tao Ravao à la Cigale Musclée. » On n'en est pas là toutefois. L’équipe continue pour le moment un travail passionnant sur un texte qui prend ses racines dans la chair des hommes. Entre répulsion et fascination, dégoût et horreur, tendresse et perversion. « Il ne s'agit pas de dénoncer l’horreur. La télévision, les medias nous la donnent à voir tous les jours. Ce qui m'intéresse c'est l'intimité de l'horreur, les traces dans les consciences de ceux qui la subissent. La pièce doit nous renvoyer à notre propre appréhension de l'actualité, à la lecture que nous faisons des informations soi-disant objectives des medias, à notre propre émotion devant le meurtre étatisé et la violence des répressions totalitaires, à notre propre émotion devant notre impuissance et notre inertie face à l'inacceptable» commente Stéphane Fiévet. Maija Junno et Emile Abossolo-M'bo sont les deux interprètes de cette pièce élégamment mise en espace par Patrick Bugeia qui a travaillé sur le translucide et la transparence. Et créé un lieu modulable et imprévisible. Une sorte de cage de verre où se déchirent deux animaux blessés.


Jean Batilliet

L’union – 5 novembre 1994

Un couple danse pour oublier. Hanté par la mort d'un enfant, le sien peut-être, assassiné d’une balle en pleine tête lors d'une manifestation populaire.

Dans ce bar de nuit, entre reflets, ombres, silhouettes et jeux de miroirs. "Elle", belle et usée, faussement cynique, et "Lui", meurtri tel un animal blessé, se souviennent. Effluves d'alcool, ambiance fantastique et charnelle. La mise en espace de Patrick Bugeia se veut "vivante comme la souffrance".  Au-delà du duel intime entre deux êtres, Un jour ma mémoire, une pièce de Michèle Rakotoson présentée quatre soirs durant au Théâtre Gabrielle Dorziat, dévoile "la violence d'un monde marqué par la désillusion politique, la violence et l'oppression". Sans volonté didactique aucune, loin des slogans et des discours moralisateur.


La douleur d'un rêve brisé


Née pendant les derniers temps de la colonisation malgache, l'auteur, entre autres activités professeur de lettres à l'université de Madagascar, a connu les premières années des Indépendances. Puis les révolutions avortées et l'avènement du règne de la misère. "Ce qui m'a sauvé du désespoir" affirme-t-elle, "c'est le souvenir des hiragasy de mon enfance : leur musique, les voix des femmes, leur manière de dire et de chanter. Cette musique existe dans mon théâtre. » Les notes du musicien,  acteur à part entière du spectacle, deviennent "une voix sonore écrite et développée en contrepoint du texte". à la guitare, les spectateurs (re)découvriront Tao Ravao, également originaire de l'océan Indien. II s'est dernièrement produit à Epernay, sur la scène de la Cigale Musclée lors d'une soirée consacrée au blues, "cri d'un peuple qui va s'exprimer dans l'oppression" selon la formule du rock-critique Christian Eudeline.


L'intimité de l'horreur


Un jour ma mémoire est une création de la compagnie Terra Incognita, fondée en 1991 par la comédienne finlandaise Maija Junno et par Stéphane Fiévet, actuel directeur du Salmanazar. Ce dernier assure aussi la mise en scène de cette pièce. "L'intimité de l'horreur, ce qu'elle inscrit dans la chair des hommes, les traces dans les consciences de ceux qui la subissent, le mélange contradictoire entre la répulsion et la fascination face à la violence physique et psychologique, l'étroit rapport entre le dégoût de l'horreur et son attrait morbide, sont au cœur du rapport entre les deux protagonistes de l'histoire. C'est ce qui constitue la perversité de leurs rapports et la perversion de notre regard. C'est aussi comme cela que nous regardons ce qui se déroule en Bosnie, en Afrique du Sud, au Brésil ou en Roumanie." Et de conclure : "C'est là précisément que "Un jour ma mémoire" doit nous renvoyer à notre propre compréhension de l'actualité... à notre propre émotion devant notre impuissance et notre inertie face à l'inacceptable." Un spectacle à découvrir d'urgence à l'heure où les combats reprennent autour de Sarajevo toujours assiégée.


Ph. A.

L'Union. Jean Batilliet



... L’équipe continue pour le moment un travail passionnant sur un texte qui prend ses racines dans la chair des hommes. Entre répulsion et fascination, dégoût et horreur, tendresse et perversion. ... Maija Junno et Emile Abossolo-M'bo sont les deux interprètes de cette pièce élégamment mise en espace par Patrick Bugeia qui a travaillé sur le translucide et la transparence. Et créé un lieu modulable et imprévisible. Une sorte de cage de verre où se déchirent deux animaux blessés...




L'Union - Ph. A.


... Un couple danse pour oublier. Hanté par la mort d'un enfant, le sien peut-être, assassiné d’une balle en pleine tête lors d'une manifestation populaire. ... Un spectacle à découvrir d'urgence à l'heure où les combats reprennent autour de Sarajevo toujours assiégée...

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Extraits du spectacle - Pour une meilleure qualité, visionnez en HQ.

Siège social : 8 route des Pyrénées 64230 Arbus - Administration : 10, rue Haxo 75020 Paris France

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