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Cette création est une coproduction de la compagnie Beaudrain de Paroi, la compagnie Terra Incognita, et du Salmanazar, théâtre missionné d'Epernay. Les deux compagnies bénéficient du soutien de leurs tutelles pour la production de ce spectacle. En coréalisation avec le Théâtre du Pavé (Toulouse), direction Paul Berger.

COMEDIENS

Volpone :

Jean-Pierre Beauredon

Mosca :

Christian Ruché

Corbaccio :

Michel Chaigneau

Corvino :

Eric Forterre

Voltore / Sir Kiscroy :

Jacky Pellegrini

Bonario / Pelerin :

Simon Duprez

Lady Kiscroy :

Annie Mercier

Celia :

Ingrid Jaulin


          


Adaptation et direction artistique

Stéphane Fiévet et Jean-Pierre Beauredon

Mise en scène : Stéphane Fiévet

Assistanat mise en scène,

Hélène Sarrazin

Scénographie : Raymond Sarti

Costumes : Annette Tamminen

Lumières : Dominique Borrini

Régie générale, conception et régie son : Antoine Mercier

Maquillages, coiffures :

Nathalie Eudier

Construction Alain Caillat (Fabrique Scéno)

Les photos du spectacle sont de Juliette Trouillard et de Buchheit

Cette page reprend les éléments de présentation du spectacle à la date de sa création. N'hésitez pas à promener le curseur de la souris sur l'écran...

  

Oeuvre de répertoire

Volpone

Ben Jonson

traduction (anglais)

Victor Bourgy

Direction artistique :  Stéphane Fiévet - 10, rue haxo 75020 Paris France - + 33 6 71 80 58 17

1999

La compagnie crée Volpone ou le Renard, comédie en cinq actes et en vers de Ben Jonson avec la compagnie Beaudrain de Paroi située à Toulouse, animée par Jean-Pierre Beauredon qui interprète le rôle titre. Cette création est l'occasion d'une nouvelle traduction de Victor Bourgy, et l'occasion de retrouvailles théâtrales entre S. Fiévet et JP Beauredon, qui avaient créé ensemble La Nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès au CND de Toulouse en 1985.   En savoir plus.... cliquez ici

A v e n t u r e   d e   c o m p a g n i e s

C o m p a g n o n s   d ’ a v e n t u r e

 


L’histoire ne se répète pas, dit-on. Elle s’invente au fur et à mesure qu’elle s’écrit.

Il en est ainsi de nos aventures de compagnies théâtrales, de nos aventures d’artistes, imprévisibles, menées au gré des affinités, des amitiés, des rencontres, à la merci des financements, des chances et des malchances. Mais toujours faites de désir, de volonté et de curiosité. Et de cette irrésistible envie d’inventer.


A l’heure où, dans tous les domaines de la vie publique, l’on ne cesse de discourir sur la solidarité, où l’on s’interroge sur une refondation du théâtre public, où les compagnies sont fragilisées par une précarité grandissante, où le fossé se creuse entre les compagnies et les théâtres, nous voulons affirmer qu’il est possible de travailler autrement, au-delà du cadre conventionnel des modes connus de production.


La compagnie Beaudrain de Paroi, implantée à Toulouse, et la Compagnie Terra Incognita, associée au Salmanazar - Théâtre missionné d’Epernay, écrivent chacune leur histoire dans le paradoxe permanent de la vie théâtrale : faire oeuvre libre de création dans un rapport constant à l’institution.


Pour nous, faire vivre une compagnie, c’est lui donner un triple projet : artistique, humain et politique. Le choix commun de Volpone et nos collaborations directes et indirectes depuis dix années prouvent que l’estime artistique et l’amitié sont déjà là. Alors pourquoi ne pas aller plus loin, jusqu’à la production, en associant les deux compagnies en tant que telles dans ce projet ?


C’est chose faite. Et ce compagnonnage est un beau clin d’oeil au libéralisme forcené des personnages de Ben Jonson.

 

Jean-Pierre Beauredon & Stéphane Fiévet - 1999.

Volpone est une farce hideuse où l’humanité est partagée entre deux folies perverses : l’appât du gain et la duperie. Ces folies détruisent tous les sentiments.

 

Volpone le magnifique est un riche vénitien épris d’or, puisque tout s’achète en ce bas monde. Il vit entouré d’une nuée de faux amis qui louchent vers l’héritage. Il se fait passer pour moribond et voit ainsi se succéder les visites empressées de ceux qui viennent surveiller la progression du mal, prêts à tout pour être bénéficiaires du magot.


Il y a Corvino le jaloux qui propose les bons soins de sa femme, la pure Celia, pour gagner les faveurs de Volpone. Il y a le vieux Corbaccio, au seuil de la mort, qui fait tout pour hâter la fin de Volpone afin d’avoir le plaisir de l’enterrer, et l’avocat douteux Voltore qui est capable de défendre la chose et son contraire en même temps. Et bien sûr Mosca, Mosca le parasite professionnel, le valet canaille et éloquent, aussi rusé que son maître, complice de la supercherie, qui se révèle bien vite sous un jour différent dès qu’il réussit à être le légataire universel en titre pour donner plus de crédibilité à la farce. C’est la lutte acharnée, la lutte à mort pour l’appât du gain. Tout va se terminer de façon aussi burlesque que morale.


Pour écrire cette pièce, Ben Jonson s’est inspiré notamment du Satyricon de Petrone et du Juif de Malte de Marlowe. Deux siècles plus tard, Stefan Zweig a écrit une autre version de Volpone, dont Jules Romains s’est emparée à son tour : Charles Dullin en avait signé la mise en scène et joué le rôle principal.


En 1939, Maurice Tourneur a adapté Volpone au cinéma avec Louis Jouvet et Harry Baur.

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Qu’est-ce qu’un cynique ? Un homme qui connaît le prix de toute chose sans en connaître la valeur.

Oscar Wilde

Monter Volpone, c’est affronter la formidable mécanique d’un suspense digne des meilleures histoires mafieuses. Qui achète qui ? Qui trahit qui ? Comment les uns et les autres se trompent les uns les autres ? Qui joue la victime et qui joue le bourreau ?


 La virtuosité de Ben Jonson à construire une narration s’appuie fondamentalement sur la nature même de l’histoire et du sujet : c’est le jeu, le plaisir de la construction, d'échafauder des plans, de bâtir des stratégies, qui animent presque tous les personnages. Le profit justifie tous les moyens, au-delà de toute appréciation morale ; gagner la guerre devient la valeur absolue, jusqu’à en oublier l’enjeu. Bien vite, l’argent n’est plus le sujet principal. La spéculation autour d’un objet virtuel suspendu à la mort - l’héritage - devient en elle-même le sujet de la pièce, jusqu’à la folie et l’oubli de soi-même. Volpone et Mosca sont ivres de leur stratégie, les autres de leur spéculation financière. Mais chacun est seul, isolé dans des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent.

 

Cependant, la mécanique de cette société mercantile et urbaine ne développe pas seulement la démonstration glacée d’un “libéralisme sauvage”. La violence du rapport entre les forces de la mort et de la maladie - même quand elle est feinte - et les pulsions de la vie, se manifeste à tout moment. Il y a tant de jouissance mêlée à tant de cynisme, tant de drôlerie dans la cruauté, tant d’intelligence dans cette société sans honneur, que cette pièce demeure profondément humaine. Tous les personnages tombent, car ils portent chacun la faiblesse de leur contradiction, partagés entre la puissance de leur analyse stratégique et les failles de leur caractère, entre l’objectivité du calcul et l’appel intime du fantasme.


Si Volpone nous renvoie donc à l’universalité des comportements humains, c’est aussi la peinture d’une société de l’argent et de la corruption, où la richesse et le commerce tiennent lieu de pouvoir. Les règles du Droit et celles de l’Etat, incarnées ici par un tribunal manipulé et manipulateur, sont sérieusement ébranlées. Sphère privée et “société civile” jouent ici le miroir l’une de l’autre, rappelant que les valeurs personnelles d’honneur et de respect ne sauraient se passer des valeurs sociales d’intégrité des structures publiques et de respect des lois.

S. Fiévet

  

En savoir plus sur la traduction... Placez la souris ici...

On ne dispose pas de traduction française récente de Volpone. Toutes les éditions précédentes qui datent d’avant 1948 sont épuisées. De plus, elles nous semblent peu adaptées à une représentation contemporaine du texte.

 Nous avons fait procéder à une nouvelle traduction de cette oeuvre par Victor Bourgy, spécialiste de Shakespeare, actuellement co-traducteur de l’oeuvre intégrale de Shakespeare pour Robert Laffont (Collection Bouquins).

 

Victor Bourgy travaille en étroite collaboration avec Stéphane Fiévet, et assiste aux premières lectures et répétitions de la pièce. Considérant qu’il s’agit de théâtre avant tout, la traduction s’efforce de concilier une nécessaire fidélité à l’oeuvre originelle et une préoccupation constante des spécificités du théâtre. L’adaptation, réalisée conjointement par Jean Pierre Beauredon et Stéphane Fiévet, accompagnera l’entreprise du traducteur, dans son souci de rendre Volpone accessible à un public contemporain.


Victor Bourgy

Agrégé d'anglais, docteur ès lettres, professeur des universités en retraite.

 

Auteur d'une thèse de doctorat (Le Bouffon sur la scène anglaise au XVIe siècle), d'une douzaine d'articles publiés sur Shakespeare et le théâtre élisabéthain, et d'un ouvrage sur le théâtre anglais (British Drama), en collaboration avec G.Bas.

 

Collaborateur au nouveau Shakespeare en cours de publication, dans la collection Bouquins chez Robert Laffont : introduction et traduction nouvelles de Roméo et Juliette, Simon d'Athènes, 1,2 et 3 Henri VI.. A paraître, en 1999, dans la même collection : Comme il vous plaira et La nuit des rois.

  

Benjamin Jonson est né vers 1573 dans la région de Londres. Il était orphelin de père. Sa mère se remaria un peu plus tard à un artisan maçon. Le premier mari, père de Ben, était clergyman. Ecolier doué, Ben fut mis quelque temps à la Westminster School, mais faute de ressources, il dut entrer en apprentissage pour être maçon. Dégoûté de ce métier, il s'engagea dans l'armée des Flandres. Il semble s'être marié vers 1594 ; le mariage ne fut pas heureux. Il eut au moins deux enfants, qui moururent jeunes.

 

En 1597, on le trouve dans une troupe d'acteurs itinérants. C'est vers cette date qu'il fut engagé pour écrire des pièces par Philip Henslowe, qui était une sorte d'imprésario pour le compte de l'une des deux grandes compagnies professionnelles de Londres. Les premières pièces, sans doute écrites en collaboration, sont perdues. En septembre 1598, il se fait connaître par une comédie satirique, Every Man in his Humour (Tout un chacun dans son caractère). Son succès fit des envieux.

 

Son existence était agitée : chargé de compléter une pièce que Th. Nashe n'avait pu terminer avant sa mort, Jonson connut la prison quand l'œuvre en question - The Isle of Dogs (L'Ile aux chiens) fut jugée séditieuse par la censure. Il put prouver sa bonne foi. Mais lors d'une querelle avec un acteur de la compagnie, il le tua en duel ; arrêté, ses biens confisqués, il échappa de justesse à la potence, mais fut marqué au fer rouge.

 

Les tragédies qu'il écrivit alors pour Henslowe sont perdues, mais en 1599-1600, Jonson remporta un succès de scandale avec une comédie qui fait pendant à son œuvre antérieure : Every Man out of his Humour (Tout un chacun hors de son caractère). Comme il s'en était pris à des poètes rivaux, la guerre des théâtres fit rage pendant plus d'un an. Jonson était très virulent dans ses attaques. Les adversaires finirent par se réconcilier et Jonson, avec John Martston et George Chapman, écrivit Eastward Ho ! (Cap à l'est !), une satire des Ecossais que le nouveau roi James 1er, d'origine écossaise, n'apprécia pas, et les trois compères se retrouvèrent en prison.

 

Jonson continuait à écrire de son côté, avec un succès très inégal. Les deux grandes tragédies Lejanus (Léjan) en 1603 et Catiline (Catilina) en 1610, furent des échecs mortifiants. C'est dans la comédie que Jonson laissa sa marque : Volpone (1605-6), Epicoene (La femme silencieuse, 1609), The Alchimist (L'Alchimiste, 1610), Bartholomew Fair (La Foire de Saint-Barthélémy, 1614) et bien d'autres.

 

Parallèlement, Jonson était devenu le grand fournisseur de Masques (ballets de cour), en collaboration, pour la scénographie, avec Inigo Jones, grand architecte et spécialiste de la mise en scène. Jonson en a écrit une trentaine.

 

Jonson, qui avait acquis une grande culture classique, jouissait alors d'une grande renommée comme théoricien des lettres. Il avait tout un cénacle, il était poète lauréat, c'est-à-dire poète officiel. Il fut quelque temps le tuteur du fils de Sir Walter Raleigh. Il eut la satisfaction de publier ses œuvres complètes. Mais à partir de 1620, sa santé se détériora. Il continua à écrire pour le théâtre jusqu'en 1632. Il mourut en août 1637 et fut enterré à l'abbaye de Westminster. Sa pierre tombale porte l'inscription "O rare Ben Jonson".

 

Jonson concevait le théâtre à la manière antique : Castigat ridendo mores. Son genre - à défaut de réussir dans la tragédie- est la comédie satirique. Sa verve poétique est celle d'un satiriste avant tout.

Victor Bourgy.

  

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VOLPONE - acte 1 :      

Que pourrais-je faire d'autre que jouer de mon génie et m'abandonner aux plaisirs que me propose ma fortune ? Je n'ai ni femme, ni parent, ni enfant, ni associé à qui irait ma richesse. C'est celui que je choisis qui sera mon héritier et voilà pourquoi les gens s'intéressent à moi. Tous les jours de nouveaux visiteurs affluent ici, des femmes et des hommes de tous âges, qui m'apportent des cadeaux ou m'envoient de l'argenterie, des pièces d'or, des bijoux, avec l'espoir que si je meurs (ce qu'ils attendent impatiemment), tout cela leur sera légué au décuple. (...) Je m'en accommode, je joue de leurs espérances, je les utilise pour battre monnaie à mon profit, je fais grand cas de leur bonté, ce qui me vaut d'autres cadeaux … dont je fais cas. Je les ai bien en main, je laisse la cerise effleurer leurs lèvres, je la promène sur leur bouche et hop ! je la retire. Ah ! tiens ! -

 

MOSCA - acte 3 :

Je crains de m'enticher de ma petite personne et de mon génie, tant mes succès croissent et fleurissent. Il y a en moi comme une frénésie. Je ne sais à quoi cela tient, mais la réussite m'émoustille. Je pourrais à l'instant m'arracher à ma peau, comme le serpent agile, tant je me sens allègre. Ah ! c'est un être irremplaçable que le parasite ! Il est tombé du ciel, et non pas né chez les balourds qui peuplent la terre. Qu'on n'ait pas fait une science de cet art dont la pratique est si libérale, je ne le comprends pas.

Notes de travail...

  

  1. l’argent, la spéculation. Nous sommes dans un monde où la spéculation est reine : genre jeu de société, super monopoly, Volpone flambe, tout le monde investit, on brasse de l’argent qu’on ne touche pas. Vertige du jeu, fascination du jeu, oubli de l’enjeu au profit du jeu.

  2. La virtualité : ce n’est plus l’argent dont on parle, c’est d’un objet qui rend l’enjeu virtuel : quoi de plus virtuel qu’un bout de papier – le testament, et une procédure judiciaire – l’héritage. Tout le monde se bat pour quelque chose qu’on ne voit pas. Idée tout de même de signes extérieurs de richesse chez Volpone. Nous sommes chez des capitaines d’industries, de grands financiers, de grands marchands, c’est « de la haute » ; il y a de l’argent et des moyens, de la technologie financière et des objets de luxe.

  3. Lié à cette virtualité : le mensonge et la vérité. Tout le monde ment. Tout le monde joue un rôle. Phénomène d’emboîtement baroque des réalités par le jeu de vérités successives. Idée du travestissement : une société de l’apparence et du spectacle, une société de communication ? Il y a quelque chose de profondément théâtral là-dedans : ça renvoie au théâtre, à la notion de représentation : représentation sociale, représentation par la parole et le déguisement. La question du rapport au public est posée par ce phénomène. Le public sait-il plus que les personnages, quel rapport entre le public et les acteurs. Voir plus loin.

  4. Idée d’un rapport de miroir entre « l’intime » et le « public ». Ce que je fais dans l’intimité et le secret de mes affaires, de ma maison, s’inscrit aussi dans le jeu social et politique de la cité, de la société dans laquelle je vis. Qui est le reflet de l’autre ? que peut-on exiger de l’un si on exige pas la même chose de l’autre ? Rapport entre la loi publique et la morale personnelle, entre la morale des choses publiques et le comportement personnel et privé.

  5. Discours quasi philosophique de Volpone sur la vie et le plaisir. Autre thème d’importance. Voir scène Acte 1 scène 1 et scène avec Celia. Il y a quelque chose de Dom Juan dans cette volonté d’aller jusqu’au bout du plaisir au-delà de la morale. Mosca et Volpone appartiennent au clan des « lucides ». Ils truandent en parfaite conscience alors que les autres, les « honnêtes gens » le font masqués sous l’apparence de la vertu et en parfaits hypocrites. La consommation du plaisir est une vertu en soi. Idée de la jouissance sur le plateau. Cette lucidité et ce goût de la vie nous rendent Volpone presque sympathique comparé aux autres requins qui l’entourent. Mais du lucide au cynique, il n’y a qu’un pas.

  6. Volpone est un personnage qui évolue peu. Il aime le danger plus que tout, jusqu'à la mort pourrait-on dire. Car il joue avec sa propre mort, jusqu’à la provoquer, sur le plan social tout au moins. Sans être cliniquement mort, Volpone, à la fin, n’existe plus… Volpone, la version méchante de Robin des bois ?

  7. Mosca : personnage ambigu. Evolution du personnage tout au long de la pièce. Un génial improvisateur, un opportuniste inspiré. N’a pas la grandeur de Volpone. Est presque asexué. A le talent d’un judoka : il sait gagner en utilisant la force de l’autre, il voit tout de suite le point faible de son adversaire. Il est à fond dans le combat du mensonge et de la stratégie : son plaisir est là. Un excellent directeur de cabinet.


Les lieux :

  1. 2 lieux clés : la chambre de Volpone : chambre mortuaire, chambre de plaisir et de rendez-vous, chambre et antichambre, cabinet d’affaire, espace qui exprime à la fois la vérité du personnage et sa capacité de mensonge.

  2. Et le tribunal : chambre judiciaire, espace de la « société civile ». Ce sont deux espaces clos, qui opposent l’intime au public, le dessous de table à la mise en examen. Ce sont deux espaces de représentation et de théâtre, ici. Idée des poupées mannequins ou de la vidéo ?

  3. Plus les lieux de passage qui n’ont aucune valeur symbolique : rue, place et maison de celia…

  4. Idée d’un espace fragile, fait de vent : construction d’un tribunal en cours de spectacle petit à petit avec effondrement à la fin ? visiblement un décor d’apparence mais c’est du vent ? ne pas oublier l’idée de luxe quand même. Nouveau riche ?


La question du rapport au public.

Un point fondamental. Ne pas penser qu’on est au cinéma, même si le spectacle est créé dans un théâtre à l’italienne, c’est à dire une super boîte à images. Il existe un rapport direct entre l’action sur le plateau et le public : énorme problème des apartés, extrêmement nombreux dans la pièce. Pas de quatrième mur psychologisant. Quelque chose du théâtre élisabethain, proche de la machine théâtral dont on connaît  le mécanisme et dont on apprécie la simplicité. Un dispositif, pas un décor.


L’époque.

Volonté de ne pas faire de démonstration de contemporanéïté, du type « vous avez vu comme on vous parle de notre époque »… essayons d’être léger et subtil… Bon. Mais il y a une forte résonance contemporaine : libéralisme, monde des affaires et des « affaires » ; possibilité de manipuler des éléments anachroniques. On a évoqué l’univers de Enki Bilal pour les costumes, et ce mélange d’éléments contemporains et universels.


Le style

C’est une comédie. Cela doit le rester. Pas de vision moralisatrice sur la turpitude des pourris politiques ou financiers. Les choses roulent… virtuosité de l’intrigue et de la machine théâtrale. Emballement de l’histoire au fur et à mesure. Ne pas tirer la pièce vers la farce italienne avec grosse caricature des personnages. Non, il y a de la finesse car il y a plusieurs lectures simultanées du texte : il y a « du fond », ce n’est pas seulement un polar bien ficelé avec des gentils et des méchants, beaucoup de méchants. On doit rire, être tenu en haleine pour savoir la fin… et garder la brillance et la virtuosité du texte ainsi que son sens.

  

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Le dispositif scénographique est confié à Raymond Sarti et les costumes à Annette Tamminen, créatrice de costumes finlandaise.

Ces deux artistes ont collaboré à plusieurs reprises avec la compagnie.

Flash Toulouse.



... Riche de toutes les outrances du théâtre élisabéthain, la pièce est d’une approche beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît : constamment sur le fil entre la farce et le tragique, l’équilibre est délicat à préserver. Servi par de solides comédiens, le metteur en scène Stéphane Fiévet se sort plutôt bien de l’exercice...




L'Union - J. Batilliet


... Volpone en répétition au théâtre : la folie dans tous ses états

Farce sur l’humanité et la folie des hommes, Volpone est monté au théâtre Gabrielle-Dorziat dans une mise en scène de Stéphane Fiévet. La plus grosse production de Terra Incognita.




L'Union - critique


... Quinze années plus tard, l’élève offre à son maître le rôle-titre qu’il a campé avec panache et jubilation.... Les comédiens se révèlent tous excellents...

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Siège social : 8 route des Pyrénées 64230 Arbus - Administration : 10, rue Haxo 75020 Paris France

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Plateau vue côté cour croquis Sarti
Plateau vue de Face croquis Sarti
Croquis Robe Célia
Plateau vue du dessus croquis Sarti